Damien, créateur de My-Wood, marque de luminaires Made in Saint-Nazaire

Ancien ingénieur aéronautique, Damien Facchetti prend un grand virage professionnel en 2020 : il crée My-Wood, une marque de luminaires en bois de bouleau issu de forêts gérées durablement. Désormais installé à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), il dessine, découpe le bois et assemble les pièces de ses projets aux formes élégantes.

“Mes parents ont toujours travaillé le bois. Ma mère était passionnée de tournage sur bois. Mon père fabriquait des meubles."

“Mes parents ont toujours travaillé le bois. Ma mère était passionnée de tournage sur bois. Mon père fabriquait des meubles. Tout petit, je jouais dans son atelier. J’ai fabriqué ma propre skimboard, un support de ukulélé, des boîtes et des pieds de lampe...”,raconte Damien Facchetti, créateur de la marque de luminaires My-Wood. En grandissant, il a toujours entretenu ce lien avec la matière :“Quand j’ai emménagé dans ma maison, je me suis occupé de tout ! Les luminaires en bois, les étagères, les objets décoratifs... Tout ce qui peut être fait en bois.”

Au printemps 2020, pendant le premier confinement, la vie de Damien prend un virage. “J’ai eu beaucoup de temps et je me suis renseigné sur la découpe laser. C’est à ce moment là que je me suis rendu compte de la faisabilité de mon projet”, se souvient-il. Il achète donc une première machine et commence à bricoler dans son garage. Les premiers tests sont concluants et la première gamme "Ambiance", “pensée pour donner plus de chaleur et de confort” à un logement voit le jour. Damien doit commencer à voir plus grand : il réaménage tout le sous-sol de sa maison !

“Je voulais une gamme dans les tons actuels, qui plairait aux gens."

Ces objets font penser à des sculptures d’art contemporain, même lorsque la lumière est éteinte. “Comme mes idées plaisaient aux gens, j’ai acheté une deuxième machine qui passait au chausse-pied dans le garage. Puis, au fil du temps, j’ai demandé à la banque un prêt pour une troisième machine et un local.” Ainsi, en novembre 2020, il ouvre son premier atelier et lance sa deuxième gamme, “Moderne”. Un mois plus tard, il créé en bonne et due forme la société My-Wood. En mars 2021, Damien fait appel à des partenaires pour la création de la gamme “Suspendus” : “Je voulais une gamme dans les tons actuels, qui plairait aux gens. Alors j’ai pris contact avec les décorateurs Dékocoon et Côté Déco pour améliorer la qualité et la cohérence de mes projets.” 

Alors que les projets prennent forme et que Damien fait connaître ses créations sur les marchés artisanaux, il décide de déménager :“J’avais un atelier dans une zone industrielle qui manquait cruellement d'un côté vitrine. Alors j’ai fait une campagne de crowdfunding sur Ulule pour franchir le pas et ouvrir un atelier boutique dans le centre-ville. ”Pour parvenir à financer sa boutique, il fixe un objectif à atteindre de 2500€ et le dépasse largement. Il se souvient :“La campagne m’a fait travailler sur la qualité de la présentation de mon travail". Depuis fin 2021, à Saint-Nazaire, vous pouvez ouvrir la porte de la jolie devanture bleue située au 60, avenue de la République, pour admirer les luminaires de Damien et discuter avec le créateur !

“Les designs ne sont jamais réellement finis. Je continue de les travailler en fonction des retours de mes clients"

Aujourd'hui, l'entrepreneur travaille seul sur la conception. Mais il a recruté deux alternants pour l'aider : Manuel s’occupe de la partie web-design et Paul de la vectorisation des plans pour la découpe laser. Pour travailler sur ses modèles, Damien ne se fixe aucune limite. “Les designs ne sont jamais réellement finis. Je continue de les travailler en fonction des retours de mes clients", explique-t-il. Une note d’humour dans la voix, il ajoute : “Certains luminaires n’ont jamais été commercialisés car en tant que luminaires ils ne servaient absolument à rien ! Trop épais, trop opaques, trop fragiles, trop encombrants... Plein de facteurs rentrent en jeu.” Un design trop cher à la fabrication ou à la vente ne sera pas gardé non plus : “Il y a le prix de production et aussi le prix perçu par le client. Si je n’arrive pas à faire coïncider les deux, je laisse tomber.”

Pour choisir sa matière, Damien expérimente à maintes reprises avant de trouver son bois favori : le bouleau suédois. “Au début j’utilisais du peuplier français car je voulais être sur des objets 100% made in France. Mais le peuplier était trop mou, trop cartonneux. Après avoir essayé le bouleau français, j’ai réalisé que c’était surtout une question d’origine. À cause du climat, le bois français est plus tendre que dans les pays froids.” Voulant rester sur du bois clair tout en cherchant une plus grande densité, Damien essaye de faire venir du bois de Suède, plus adapté pour ses créations : "Même s’il est plus dur à travailler, il a un meilleur rendu et une plus grande durabilité.”

"Je n’utilise pas de colle. D’une part, c’est pour le plaisir du travail bien fait. [...] D'autre part, c’est mieux pour l’environnement. Ça évite d’ajouter des matériaux chimiques dans les assemblages."

Armé de son laser, précis à un dixième de millimètre, Damien est un perfectionniste : “Je n’utilise pas de colle. D’une part, c’est pour le plaisir du travail bien fait : quand les pièces s’encastrent parfaitement, il n’y en a pas besoin. C’est la marque d’un travail de qualité. De l’autre, c’est mieux pour l’environnement. Ça évite d’ajouter des matériaux chimiques dans les assemblages.”

D'ailleurs, il ne s'approvisionne qu'avec du bois labellisé FSC,"une filière contraignante mais nécessaire pour la durabilité des forêts.”Et Damien travaille au laser, une méthode de fabrication "peu énergivore par rapport à la découpe traditionnelle. On utilise uniquement la lumière.”Dans le même registre, ses emballages sont 100% sans plastique,“seulement du kraft et du carton recyclé”. Quant au matériel électronique, ses composantes sont produites en Europe :“Quand j’ai commencé, je m’approvisionnais chez un fournisseur chinois. Désormais, j'achète des câbles chez un producteur italien pour réduire mon impact carbone, même si cela coûte un peu plus cher".

"Deux choses ont changé pour moi. D’abord, il y a le plaisir et la fierté de pouvoir proposer des produits que j’ai conçus et fabriqués, et de faire mûrir ma compréhension de ce qui plaît aux gens."

My-Wood est encore un projet tout neuf. Damien partage son enthousiasme et ses ambitions pour le futur. D’abord, il compte compléter sa gamme : “Il me manque beaucoup de choses. Des appliques murales, des luminaires sur pied, des plafonniers plus courts pour les maisons basses de plafond, et des choses de grandes tailles. Ça devrait déjà pas mal m’occuper !”, glisse-t-il.  

Depuis son atelier de Saint-Nazaire, quand Damien fait le bilan, il est heureux de ce changement de vie :“Deux choses ont changé pour moi. D’abord, il y a le plaisir et la fierté de pouvoir proposer des produits que j’ai conçus et fabriqués, et de faire mûrir ma compréhension de ce qui plaît aux gensEt puis, il y a les rencontres que j’ai faites. J’ai complètement changé de milieu professionnel. J’ai découvert tout un monde d’artisans et de créateurs qui m’ont fait découvrir une facette de la vie que je ne connaissais pas.” Et bien sûr, ce grand virage est aussi pour Damien un retour vers le bois, une passion familiale.

Article rédigé par Clément Vauchelle, Rédacteur Bien ou Bien

source : https://www.bienoubien.com/guide/damien-createur-luminaires-bois-my-wood